dimanche 15 juillet 2018  
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Le témoignage que vient de livrer le Président égyptien Mohamed Hosni Moubarak replace l'affaire du Sahara dans sa dimension réelle, à savoir qu'il s'agit d'un différend géopolitique entre le Maroc et l'Algérie, rapporte la MAP.


Le porte-parole officiel de la présidence égyptienne, Soulaimane Aouad, a déclaré, à l'issue de l'audience accordée par le Président Moubarak aux émissaires marocains Mohamed Mouatassim, Conseiller de SM le Roi, et Mohamed Yassine Mansouri, Directeur Général des Etudes et de la Documentation, que le Chef de l'Etat égyptien a évoqué les bons-offices qu'il avait entrepris entre le Maroc et l'Algérie en sa qualité de vice-président de la république à l'époque de feu le Président Anouar Sadate pour empêcher une escalade militaire entre les deux voisins et frères.

   Pour l'histoire, sa médiation avait fait suite à l'incursion de forces algériennes, équipées en armes et moyens de pointe, dans la région d'Amgala, en territoire marocain, le 29 janvier 1976, c'est-à-dire quelques semaines seulement avant le parachèvement du retrait des forces et de l'administration espagnoles du Sahara conformément à l'Accord de Madrid.

   Les forces marocaines avaient affronté l'armée algérienne, faisant un grand nombre de prisonniers parmi les officiers et hommes de troupes. Et c'est à ce moment là que furent entrepris les bons-offices de l'Egypte, menés alors par le président actuel Hosni Moubarak, pour la réalisation de deux objectifs:

   1- Désamorcer l'escalade militaire qui, au flanc occidental du Monde arabe, menaçait de dégénérer en guerre destructrice, comparable au conflit irako-iranien, à un moment où les pays arabes avaient le plus grand besoin d'un regroupement de leurs énergies et d'un resserrement des rangs, dans le sillage du nouvel esprit né de la guerre d'octobre 1973, où les forces marocaines avaient fait preuve d'une rare bravoure.

   2- Oeuvrer en faveur de la libération des officiers et hommes de troupes algériens faits prisonniers, en prélude à une restauration de la confiance et de la détente dans les rapports entre l'Algérie et le Maroc. La médiation avait pris plusieurs jours en raison de la situation dans laquelle l'Algérie s'était empêtrée à une époque où elle ne cessait de répéter qu'elle n'avait nulle convoitise au Sahara marocain.

   Alors que cette confrontation semblait être la dernière, l'Algérie, aussitôt après le succès de la médiation égyptienne, s'était empressée de pratiquer la politique de la fuite en avant, à travers la proclamation de la "république sahraouie", qu'elle avait reconnue un mois seulement après l'affrontement avec les forces marocaines. Cette attitude avait tout l'air d'une revanche, à sa façon, après la défaite des forces qu'elle avait envoyées au Sahara.

   Alger s'était également réduite à agiter le principe de l'autodétermination, sur lequel elle avait échafaudé toute sa thèse qui n'était en réalité que la manifestation de ses aspirations au leadership sur la région.

   L'importance particulière que revêt la position exprimée par la direction égyptienne, qui aspire à voir intervenir un règlement définitif pour clore ce dossier qui n'a que trop duré, vient du fait qu'elle s'appuie, d'une part sur le fait qu'il s'agit d'un conflit bilatéral entre l'Algérie et le Maroc, ce qui fait choir tout l'arsenal d'arguties derrière lesquelles se barricadait l'Algérie pour justifier l'existence d'une tierce partie, et d'autre part sur le souci de consolider les relations entre deux pays voisins, ce qui aurait nimbé d'importance stratégique et fraternelle la détente et la compréhension dont l'espace du Maghreb arabe aurait tiré profit.

   En exprimant ses attentes, le Président Moubarak ne manquait jamais de les lier aux actes. Ainsi, il avait pris l'initiative d'annoncer la volonté de l'Egypte d'adhérer à l'Union du Maghreb Arabe (UMA), à l'époque où celle-ci avait l'air de fonctionner selon une méthodologie saine où prévalait le respect des principes du traité constitutif de l'Union.

   L'adhésion du Caire aurait imprimé une dimension régionale plus éloquente quant aux manifestations de la solidarité arabe, si le processus d'unification maghrébine n'avait pas achoppé sur des chauvinismes incapables de se délester des séquelles du passé.

   Avec toute l'aura de crédibilité et de détermination à rehausser les rapports arabo-arabes dont il se distingue et l'éminent rôle qu'assume son pays à l'échelle africaine et arabe, et en faisant part de sa disposition à entreprendre des bons-offices en faveur d'un règlement de la question du Sahara par voie de dialogue entre les deux voisins frères, l'Algérie et le Maroc, le Président Hosni Moubarak, fixe le cadre adéquat pour transcender l'impasse actuelle.

   En ce faisant, il rejoint les précédents appels émanant de Capitales influentes telles que Paris, Washington et Madrid, qui conditionnent le règlement pacifique définitif au dialogue entre le Maroc et l'Algérie. Face à de tels développements, il est désormais hors de question de pratiquer la politique de l'autruche.

   Le monde a fini par prendre conscience du fait que si l'Algérie s'était abstenue de s'immiscer dans l'affaire du Sahara, celle-ci aurait pris fin de la même manière juridique et pacifique qui avait conduit au retrait de l'occupant, et que sans le soutien dont le Polisario bénéficie auprès de l'Algérie, il n'y aurait pas eu ce drame humanitaire dispersant les fils du Sahara, qui n'aspirent qu'au jour où ils disposeraient du loisir de quitter les camps de Tindouf, ces mêmes camps qui servent d'unique carte dont l'Algérie use sans se soucier de la laideur de l'exploitation d'un drame humanitaire à de fins politiques.

   L'argumentaire logique enserre de tout côté la politique algérienne, dont les gouvernants feraient mieux d'adhérer à l'issue qu'offre actuellement la proposition marocaine visant à instaurer une large autonomie inspirée des systèmes les plus évolués en la matière, au lieu de camper dans l'isolement, qui est d'ailleurs plus dangereux pour les Etats que les leaderships illusoires.

   Source: MAP

  

 

   
  
 

 
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